Alors que l'effervescence suscitée par les récents championnats du monde de Moth au Manly Sailing Club commence à s'estomper, C-Tech prend le temps de revenir sur ses dernières avancées en matière de solutions et de technologies liées à la fibre de carbone, qui continuent de repousser les limites de la performance dans la classe Moth. En collaboration avec Mackay Boats et divers ateliers de voilerie, C-Tech a mis au point une offre optimisée et haut de gamme spécialement conçue pour la classe Moth.
Cela fait un peu plus de six ans que nous avons abordé pour la dernière fois les progrès réalisés en matière de vitesse dans la classe Moth, et il est étonnant de constater à quel point ces bateaux ont évolué depuis. (Lisez ici l'article « Moth Speed Uncovered ».) Si les thèmes abordés dans cet article restent tout à fait d'actualité, l'ampleur des gains de performance enregistrés au cours des six dernières années a véritablement changé la donne.
En 2018, les navigateurs affichaient une vitesse moyenne d’environ 18 nœuds au près et atteignaient des pics d’environ 30 nœuds au vent arrière. Lors des récents championnats du monde de Moth, les concurrents ont atteint une vitesse moyenne incroyable de 22 à 23 nœuds au près et ont dépassé les 36 nœuds au vent arrière. Ces progrès stupéfiants sont le fruit d’améliorations minutieuses apportées à tous les aspects du matériel, ce qui est essentiel face à des vents apparents dépassant les 50 nœuds.
Grâce à ces avancées, C-Tech a travaillé en étroite collaboration avec des ateliers de voilerie afin d’affiner encore davantage notre gamme de mâts et de bômes. Selon Rob Greenhalgh (North Sails) :
« Les mâts C-Tech, plus fins, s’avèrent incontestablement plus rapides : une surface frontale réduite entraîne une traînée moindre. La traînée aérodynamique globale du Moth a considérablement diminué ces dernières années, tant au niveau de la coque que du gréement. Les gréements sont plus performants et offrent une plus grande plage de fonctionnement, ce qui a permis d’élargir la fourchette de poids autorisée en compétition, incluant désormais les femmes. »
Mâts et bôme
La classe Moth prévoit une règle stipulant que seuls deux mâts peuvent être inscrits à une compétition. Afin d'optimiser les options de mâts dans le respect de cette règle, C-Tech propose un ensemble de deux mâts (un rigide et un souple, en fonction du poids du navigateur) qui permet également une troisième combinaison hybride associant une pointe rigide et une base souple.
Tim Willetts, responsable commercial de la division Mâts chez C-Tech, explique :
« Nous avons encore réduit le diamètre extérieur de nos mâts, qui passe de 42 mm à 39 mm. Pour ce faire, nous avons diminué la taille du mandrin de 3 mm et optimisé la structure stratifiée. Nous proposons désormais également des mâts en carbone UHM (ultra-haut module) offrant un diamètre extérieur encore plus petit et un poids réduit. »
La bôme a également bénéficié d’améliorations significatives. De forme effilée à l’avant comme à l’arrière, la nouvelle conception de la bôme est plus légère et plus efficace sur le plan aérodynamique. Ses transitions et son ajustement à la voile ont été améliorés grâce à une géométrie, une disposition et des leviers optimisés.
Mattias Coutts, champion du monde de Moth, ajoute :
« Le pack aérodynamique a été amélioré par C-Tech grâce à la faible surface du mât et à la largeur réduite de la bôme, ce qui permet d'obtenir une forme de balayage direct du pont bien plus efficace et un meilleur profil d'entrée de la voile. »
De plus, l’introduction du système d’écoute continue a été révolutionnaire, permettant des réglages à la volée de la profondeur de la voile. Les navigateurs de Moth, qui comptaient auparavant sur un système de goupille fixe au point d’écoute pour effectuer leurs réglages, peuvent désormais contrôler la forme de la voile en temps réel. Mattias souligne son impact :
« Le réglage de l'écoute de bord a véritablement changé la donne, puisqu'il permet d'augmenter ou de réduire la puissance dans la partie inférieure de la voile, aussi bien au près qu'au vent arrière. »
Réglage dynamique du montage et courbes de flexibilité
Les Moths d'aujourd'hui sont incroyablement dynamiques et exigeants. Les bateaux naviguant désormais régulièrement à une vitesse supérieure de près de 5 nœuds, il est devenu indispensable de réduire la torsion de la voile, l'objectif étant de pouvoir l'ajuster de manière dynamique.
Étai réglable sur Prodder
L'une des améliorations majeures apportées au contrôle des voiles réside dans le barrot avant réglable, un système qui existe depuis un certain temps mais qui a été perfectionné sur nos mâts afin d'offrir une plus grande facilité d'utilisation et une efficacité accrue. Le barrot avant réglable permet aux navigateurs d'ajuster avec précision la position avant ou arrière du tirant d'eau, optimisant ainsi les performances des voiles dans des conditions variables.
Ce réglage peut également influer sur la torsion de la voile. En permettant de moduler la tension de l'étai, le tendeur réglable contribue à maintenir un équilibre optimal entre le haut et le bas de la chute, offrant ainsi aux navigateurs un meilleur contrôle sur le degré de torsion et l'efficacité de la voile.
Seb Menzies explique :
« Le prodder réglable a véritablement changé la donne ces deux dernières années. Je m’en sers tout le temps : c’est un moyen ultra-rapide d’augmenter ou de réduire la puissance de la voile. »
Mattias Coutts ajoute :
« Le prodder réglable est un dispositif très utile qui permet un réglage précis de la position du tirant sur la voile. Le fait de pouvoir tirer le prodder vers l’avant, ce qui déplace le tirant plus en avant sur la voile, a permis d’améliorer l’efficacité de la voile au vent arrière. Les cavités intégrées au mât par C-Tech facilitent le réglage et le gréement, pour un système performant et efficace qui nous aide à aller plus vite sur l’eau. »
Courbes de flexion
Tous les mâts C-Tech sont désormais conçus avec une flexibilité supérieure de 2 mm dans le quart supérieur par rapport à la partie inférieure. Cette courbe de flexibilité uniforme est essentielle pour aplatir de manière homogène l'ensemble de la voile, garantissant ainsi des performances optimales. Avec la réduction du nombre de voiles autorisées — de quatre à deux —, cette conception assure une efficacité maximale sur une plage plus large de conditions de vent. La rigidité et la flexibilité du gréement revêtent donc plus d'importance que jamais.
Jake Pye, vice-champion du monde de Moth, souligne l'importance de la courbe de flexion ;
« La torsion et la tension de la bordure dépendent fortement de la rigidité du gréement. Quelle que soit la rigidité des différentes sections de mât que j’ai utilisées, celles-ci se courbent de manière homogène et soutiennent la voile en présentant un profil dynamique de torsion et de courbure. Cette régularité permet d’obtenir facilement des résultats prévisibles avec toutes les sections et facilite les changements entre les sections du gréement, car elles sont toutes compatibles entre elles. »
Deux tailles de voile
Comme plusieurs navigateurs ont choisi d’emporter deux tailles de voile, les enseignements tirés de ces championnats du monde ont été nombreux. Le passage à la voile plus petite est significatif, car il modifie les angles de navigation, et il est difficile de trouver le bon équilibre et de régler le gréement avec une voile d’une taille différente. En substance, c’est comme naviguer sur un bateau complètement différent, et les navigateurs ont besoin de s’entraîner avec les deux voiles pour pouvoir passer de l’une à l’autre efficacement. La majorité des navigateurs suffisamment lourds pour utiliser la voile de 8,25 m sont restés sur leur grande voile toute la semaine lors des championnats du monde, malgré les vents forts ; la conception du gréement et le réglage de l’écoute de bord ont alors joué un rôle crucial pour leur permettre de régler et de tordre la voile selon les besoins. Ceux qui ont consacré du temps à s’entraîner avec des voiles plus petites et à ajuster leurs réglages pour obtenir un gréement équilibré en ont tiré des avantages significatifs. Parmi les performances remarquables, citons celles de Nicole van der Velden (stratège espagnole du Sail GP) et de la championne du monde de Moth Hattie Rogers. Bien que plutôt légères, ces deux navigatrices ont affiché des vitesses compétitives sur l’ensemble du parcours.
Hattie donne ensuite plus de détails sur la configuration qu'elle a utilisée :
« J'ai vraiment apprécié la base de mât C-Tech 05E et la pointe 05D. En fait, je les ai utilisées dans toutes les conditions lors des Championnats du monde. Je passais simplement de la voile North Helix 8,25 à la 7,5, tout en conservant la base de mât 05E et la pointe 05D. J’ai constaté qu’en gardant mon équipement aussi simple que possible, cela m’évitait de devoir prendre certaines décisions avant de naviguer. Il ne me restait plus qu’à choisir une voile et la taille du foil. »
Nicole van der Velden revient sur ses débuts dans la classe Moth.
« J'ai remarqué une grande différence lorsque je suis passé de mon mât 0,5 à mon mât C-Tech 0,5F : j'ai pu obtenir un profil beaucoup plus plat, mais surtout, ce mât m'a permis de réduire plus facilement la puissance dans les grosses rafales, ce qui s'est avéré très pratique à Manly ! J'ai été surpris de constater que je pouvais tout de même obtenir un réglage assez puissant avec ma voile de 7,5 et ce mât souple. Je pouvais le rendre super plat dès que le vent se levait. Cette semaine a été une véritable expérience d’apprentissage ; c’était agréable d’être poussé par une flotte d’un si haut niveau et de progresser chaque jour pour apprendre à bien régater sur ces bateaux. »
(Amélioration) Matériaux
L’innovation en matière de matériaux a joué un rôle essentiel pour conserver notre avance dans la classe Moth, très compétitive. Notre passage récent à des embouts en titane sur le hauban de bôme et le boîtier de sortie garantit que nos composants peuvent supporter les charges accrues à mesure que les bateaux gagnent en vitesse. La jambe de vang reste équipée d’embouts en alliage anodisé, qui sont également durables et robustes. Le vang joue un rôle crucial, puisqu’il supporte une charge supplémentaire lorsque les navigateurs le tendent au maximum ; nos charges d’utilisation ont été vérifiées pour un maximum de 1 400 kilos (soit 40 % de plus qu’en 2018). Cette évolution garantit que notre équipement reste adapté aux nouvelles charges plus élevées. Les raccords en titane sont plus légers et plus résistants, capables de supporter ces charges accrues sans ajouter de poids superflu.
Lattes de voile
Les lattes de C-Tech ont également joué un rôle déterminant dans la stabilisation des performances des voiles dans une large gamme de conditions de vent. Le développement de nos lattes fendues en collaboration avec North Sails a fait de ces dernières la seule option possible pour les voiles Helix. L’extrémité fendue a amélioré la forme aérodynamique de la poche de guindant et optimise considérablement la réactivité de la voile lors des virements de bord et des empannages, pour des manœuvres efficaces et fluides. Ces derniers mois, nous avons fourni des lattes plus rigides afin de couvrir une plage plus large. Celles-ci se sont révélées particulièrement efficaces dans la plage de vent supérieure, où les navigateurs cherchent à aplatir la voile et à réduire encore davantage la traînée au près. Le compromis se situe au vent arrière, où l’on cherche à donner du galbe à la voile. Nos lattes fendues offrent la rigidité nécessaire pour les courses à grande vitesse sans compromettre la puissance par vent faible, ce qui permet de limiter les changements de lattes tout en conservant des performances optimales.
Jake ajoute
« Les lattes X, plus rigides, ont beaucoup aplati la voile et j’ai clairement remarqué une différence avec celles-ci dans des conditions de vent fort, car la forme générale de la voile était nettement plus plate. »
Feuilles
Nous avons travaillé en étroite collaboration avec Mackays sur le développement des foils horizontaux, qui ont pour la plupart retrouvé la conception à profil plat utilisée il y a quelques années. Ce changement marque un abandon des profils plus fins et cambrés qui avaient été utilisés plus récemment, ce qui se traduit par un bateau qui offre désormais des performances améliorées à haute vitesse, avec une vitesse maximale supérieure à 38 nœuds lors des Championnats du monde. Le passage des foils cambrés aux foils sans cambrure a été déterminant pour atteindre l’équilibre parfait entre portance et traînée. Les sections cambrées, bien qu’efficaces pour fournir de la portance, se sont avérées générer trop de portance à grande vitesse. Les foils améliorés, désormais dotés d’un volet plus grand, optimisent l’efficacité de la portance sans traînée excessive, permettant ainsi aux bateaux de maintenir des vitesses plus élevées avec un meilleur contrôle.
Évolutions futures
C-Tech s'engage à rendre la classe Moth plus inclusive en développant du matériel adapté à un plus large éventail de navigateurs, notamment les femmes et les navigateurs de faible poids. Le lancement du mât 05F, spécialement conçu pour les navigateurs pesant entre 60 et 70 kg, a constitué une avancée significative vers cet objectif. Grâce à notre collaboration avec Jo Aleh et Mackay Boats, nous avons mis au point une configuration qui permet à ces navigateurs d’être plus compétitifs par vents modérés à forts, en association avec des voiles de plus petite surface, élargissant ainsi l’accessibilité et l’inclusivité de la classe.
Simplifier autant que possible et réduire le temps de montage grâce à nos nouvelles innovations est toujours un plus.
« Le gréement est une opération qui prend pas mal de temps sur le Moth, et certains détails des gréements C-Tech, en particulier, facilitent grandement cette tâche par rapport à mes autres gréements. Au niveau de la manille « hound », la plaque en fibre de carbone dépasse davantage, ce qui facilite la fixation des haubans et de l'étai via la manille. Les gréements C-Tech s’emboîtent également en formant un angle, ce qui réduit les mouvements et garantit un alignement parfait de l’ensemble, contrairement à mon ancien mât. »
- Hattie Rogers, championne du monde de papillon de nuit
Les Championnats du monde de Moth 2024 ont mis en avant les progrès et le succès de la technologie de pointe de C-Tech : parmi les 20 meilleurs navigateurs, 17 utilisaient des espars C-Tech et, parmi les 25 meilleurs, 24 utilisaient nos lattes.
Grâce au soutien constant de notre équipe talentueuse et aux précieux retours de nos navigateurs, ainsi qu’à ceux de Riley Dean, notre navigateur interne et concepteur en chef, en collaboration avec notre directeur commercial Tim Willetts, nous restons à la pointe du développement de la classe Moth. Nous nous engageons à faire progresser la classe Moth et à soutenir les navigateurs à tous les niveaux.
Pour plus d'informations sur les produits C-Tech Moth, veuillez nous contacter à l'adresse c-tech@c-tech.co.nz